Le Mouvement Démocrate est enraciné dans une Histoire. Regarder les chemins qu’ont suivi ses pères fondateurs, c’est tracer la route à suivre.

Par sa nature même, la démocratie est fragile. Des humanistes, pour qui aucune idéologie, aucun appareil, aucune organisation sociale ne peut avoir plus de valeurs que l’homme, ont pris ce combat à bras le corps. Ces femmes et ces hommes, démocrates-chrétiens, humanistes, sociaux-démocrates, libéraux, ont mené ce combat, y compris dans les épreuves les plus dangereuses. Nous en sommes les héritiers.

Les grands inspirateurs

Il y a d’abord les figures de proue, celles qui, au cœur du 19ème siècle qui fut le siècle du bouillonnement des idées, bâtirent les fondations, Félicité de Lamennais, et le catholicisme social, Alexis de Tocqueville et le libéralisme politique, Benjamin Constant et la démocratie parlementaire. Il y a ensuite, au tournant des 19ème et 20ème siècles, les hommes de l’humanisme, le philosophe Jacques Maritain auteur justement d’un ouvrage de référence intitulé « Humanisme intégral » ; Marc Sangnier l’homme du Sillon qui fut le lieu d’excellence des réconciliations impossibles, ouvriers et christianisme, catholiques et républicains ; Emmanuel Mounier fondateur du personnalisme, troisième voie entre capitalisme et marxisme. Ils sont les précurseurs et les inspirateurs du Mouvement Républicain Populaire qui naîtra au cœur de la Résistance.

1940

La résistance : contre le nazisme et le communisme, combat de vie ou de mort. Pendant la guerre, de grandes figures et des martyrs moins connus témoignèrent de la force d’un humanisme en actes : de Gilbert Dru, de la Jeunesse Étudiante Chrétienne, exécuté à vingt quatre ans comme résistant par la Gestapo, jusqu’à Georges Bidault, qui présida le Conseil national de la résistance et sera l’un des fondateurs du Mouvement Républicain Populaire (MRP).

racines1945

Après la guerre, de la défense de la démocratie et le combat pour la réconciliation franco-allemande, naquit l’idée de l’Europe unie. Si elle est aujourd’hui saluée par le Prix Nobel de la Paix, qui y croyait à l’époque ? Par leur force de conviction, Robert Schuman et Jean Monnet portèrent ce projet, convaincu que les peuples qui avaient inventé la démocratie avaient vocation à la faire vivre et rayonner.

1965

Ce fut la vision de l’Europe, justement, qui opposa le général de Gaulle à Jean Lecanuet. Quinze ans plus tard, en 1978, Valéry Giscard d’Estaing réunira ces familles de l’humanisme social et européen. C’est la naissance de l’Union pour la Démocratie Française (UDF), dont le président est Jean Lecanuet.

1974

Combat pour une modernisation démocratique : président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, avec Raymond Barre comme premier ministre, entreprend des réformes de société, tel que la majorité civile à 18 ans, la légalisation de l’avortement, et la réforme de l’audiovisuel. Il invente le Conseil Européen et décide de l’élection des députés européens au suffrage universel.

1988

Pendant les vingt années qui suivent, les Français s’éloignent de la politique. Promesses non tenues, impuissance des mesures contre le fléau du chômage, affairisme, slogans usés, les gouvernements, de gauche comme de droite, ne retrouvent plus le contact avec les Français. Les partis de l’extrémisme et de l’abstention progressent. En 1986, l’UDF dénonce la cohabitation qui dilue l’action politique. La France a reculé, la candidature de Raymond Barre à la présidentielle de 1988 propose « un nouveau départ ».

1999

En 1998, des dirigeants de la droite républicaine s’allient avec l’extrême droite, lors des élections régionales : l’UDF se rassemble, sous la présidence de François Bayrou, pour faire front contre toute tentation d’accord anti-démocratique.

2002

Pendant les élections européennes de 1999, comme pendant la présidentielle de 2002, François Bayrou est du combat, pour renouveler les discours et les méthodes politiques. À chaque fois, il est entendu, et l’UDF est le troisième parti de la France républicaine. Mais au premier tour de la présidentielle, l’extrême-droite emporte la mise, comme un coup de semonce contre toute la classe politique.

2007

Les Français manifestent avec force leur volonté de renouvellement. François Bayrou réunit 18,57% des suffrages à l’élection présidentielle. Le 1er décembre, il réunit des dizaines de milliers de sympathisants à Villepinte, pour le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate. Le premier parti libre et et indépendant du XXIe siècle vient de naître.

2011

Élections législatives, municipales, européennes, régionales puis cantonales… Les candidats du Mouvement Démocrate portent haut leurs valeurs humanistes, écologistes et européennes. Si les scores ne sont pas toujours à la hauteur des espérances, une nouvelle génération de femmes et d’hommes politiques émerge et se consolide.

2012

3,2 millions d’électeurs portent leur voix sur François Bayrou à l’occasion de l’élection présidentielle. Le président du Mouvement Démocrate annonce qu’il votera à titre personnel pour François Hollande, afin de stopper « la course-poursuite à l’extrême droite contraire à nos valeurs » entamée par Nicolas Sarkozy. Produire en France, dette, rénovation de la vie publique : depuis le scrutin, l’actualité lui donne raison.

2013

C’est ensemble, que nous écrirons la suite.