Un dimanche européen

Posté le 6 Déc 2016 Catégorie: Jeunes Démocrates

La carte politique européenne est en mouvement perpétuel, ce fut particulièrement le cas ce week-end. Deux rendez-vous citoyens, chez deux de nos voisins, vont très probablement bouleversés les équilibres fragiles européens.

autriche Tout d’abord, les citoyens autrichiens ont été de nouveau invités à choisir parmi les deux finalistes leur nouveau président fédéral. En effet, le 2nd tour initial de l’élection présidentiel, en mai dernier, ayant été invalidé par la Cour constitutionnelle, un second 2nd tour a eu lieu hier.

Avec 74 % de participation, les Autrichiens ont de nouveau donné la victoire à Alexander Van der Bellen, le candidat de 72 ans soutenu par les écologistes, à 53,6 % des suffrages. Son adversaire, le populiste d’extrême droite Norbert Hofer, avec 46,4 % des suffrages, a tout de suite reconnu sa défaite.

Alors que le parti de M. Hofer, le FPÖ, est très bien implanté en Autriche et profondément europhobe, les citoyens se sont tournés plutôt pour l’europhile Van der Bellen. Professeur d’économie, longtemps parlementaire écologiste, il est présenté dans les médias comme un écolo-libéral. En votant pour lui, les Autrichiens ont très bien compris le risque majeur que porte les populistes de droite en Europe et qui a mené le Royaume-Uni au Brexit.

Un seul pays ne peut plus régler les grands problèmes mondiaux que sont le réchauffement climatique, le terrorisme fondamentaliste ou une économie mondialisée. En choisissant pour un candidat ouvertement européen, ils envoient un signal fort aux autres peuples européens : Au lieu de choisir la facilité, relevons nos manches et attaquons-nous aux dysfonctionnement du système existant !

italie Au sud de l’Europe, l’Italie votait aussi, pour un référendum concernant une grande réforme des institutions italiennes, en premier lieu le Sénat. Avec une participation exceptionnelle de 70 %, les citoyens italiens ont rejeté le projet de réforme, porté par le président du Conseil, Matteo Renzi, à 60 % des suffrages, entraînant sa démission immédiate. Cette nouvelle crise à Rome renforce les populistes italiens, en premier lieu le Mouvement 5 étoiles, de Beppe Grillo, crédité de 30 % des électeurs dans les sondages. Ce dernier n’a d’ailleurs pas tardé pour appeler à des élections anticipées. L’Italie replonge dans une période d’incertitude. Les banques transalpines restent encore très fragiles, l’endettement public est très important et le pays connaît un chômage endémique. Cette crise politique pourra avoir des répercussions économiques, entraînant avec elle l’euro et l’Union européenne.

drapeau_du_parlement_europeen_de_strasbourgCes deux rendez-vous électoraux d’hier nous montrent à quel point l’Union européenne reste fragile si ses membres sont fragiles. Les conséquences de nos actes politiques internes ont des répercussions sur nous tous et influencent les politiques internes de nos voisins. Ne pas vouloir comprendre cela est absurde et irresponsable. Les deux principaux moteurs européens, que sont la France et l’Allemagne, connaîtront en 2017 des rendez-vous électoraux cruciaux. Il est plus que nécessaire d’établir des dialogues et d’avoir un discours commun sur les dossiers qui nous concernent tous.

Si les copropriétaires ne s’entendent pas sur les mesures à prendre, l’immeuble décrépit puis s’effondre ! 

 

J. QUINT, porte-parole des Jeunes Démocrates 44

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