Du bon usage de la guerre civile en France par Jacques Marseille ou Doit-on réformer la France en douceur ou de manière radicale ?

Posté le 4 Déc 2016 Catégorie: Et si on prenait le temps de lire
Du bon usage de la guerre civile en France par Jacques Marseille ou Doit-on réformer la France en douceur ou de manière radicale ?

Décédé en  2010 , Jacques Marseille, historien et économiste, avait publié chez Perrin en 2006  l’ouvrage au titre assez provocateur Du bon usage de la guerre civile en France dans lequel il analysait l’inaptitude de la France à  se réformer en douceur.

Le débat du second tour de la primaire de la droite et du centre a remis au goût du jour cette constance entre Alain Juppé et François Fillon : doit-on réformer la France en douceur ou de manière radicale ? Là est la question.

Dans cet essai,  Jacques Marseille énonce l’idée que la crise a commencé lors de la première cohabitation en 1986 et un Premier Ministre de droite Jacques Chirac. Elle s’est aggravée avec les cohabitations suivantes, l’élection présidentielle de 2002  et le référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Remontant jusqu’à la Guerre de Cent Ans , cet historien de talent n’hésite pas à  évoquer en grossissant le trait  les diverses crises qui ont jalonné la France , les analyse et tente un rapprochement avec la situation actuelle. Il reprend à son compte l’adage qui dit clairement que pour bien comprendre le présent, il faut se replonger dans le passé. Remontant en 1356, avec la capture du roi Jean II Le Bon à  Crécy jusqu’en 2006 , il n’hésite pas à énoncer la théorie suivante sur laquelle on peut débattre. Celle que notre pays a toujours connu des spasmes qui ont toujours les mêmes symptômes de départ : crise sociale, divisions politiques, défense des privilèges, affaiblissement international. Il démontre que le schéma de sortie de crise est toujours le même : un homme providentiel, une nouvelle classe de dirigeants, émergence de corps compétents et capables d’équilibrer le pouvoir en place, un assainissement de l’économie.

Ecrit en 2006, ce livre reste toujours d’actualité. On peut ou non souscrire aux propos développés par Jacques Marseille, mais ils aident à avoir certaines clés pour mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve la France. Orientons-nous à nouveau vers une sortie de crise par une nouvelle élection présidentielle qui verra  un nouvel homme providentiel  sortir du panier du suffrage universel ?  Qu’en sera-t-il du choix que feront les Français, entre la «rupture accommodement» façon III ème République, avec un Adolphe Thiers à sa tête, et un élan porté par des hommes et des femmes nouveaux ? Personne n’a la réponse, les historiens pas plus que les autres. Cette incertitude fait tout le charme de la politique. Devons-rejoindre les propos tenus par l’auteur : « Je constate que les grandes réformes ont été portées par des conservateurs. Qui s’est préoccupé de l’extinction du paupérisme ? Napoléon III. Qui a posé les bases des retraites ? Bismarck. Qui a vraiment fondé l’État-providence ? Les libéraux britanniques John Maynard Keynes et Lord Beveridge. Qui a découplé l’évolution des prix et celle des salaires, une réforme majeure ? La gauche ».

 

Du bon usage de la guerre civile en France par Jacques Marseille (Perrin, 2006, 172 pages) 

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